Le 8 mars, on ne célèbre pas les femmes : on combat les inégalités.

 

À la suite des luttes ouvrières et des mobilisations de femmes en Europe et aux États-Unis, au début du XX° siècle, la communauté internationale consacre officiellement la journée du 8 mars. Les Nations unies l’officialisent en 1977 comme Journée internationale des droits des femmes.

Le 8 mars n’est pas une fête commerciale. C’est une journée politique, née de luttes sociales, qui vise à :
• Dénoncer les discriminations et violences faites aux femmes ; • Rendre visibles les inégalités persistantes ; • Exiger des avancées concrètes ; • Rappeler que l’égalité n’est toujours pas réalisée.

La thématique 2026 du 8 mars est : « Droits. Justice. Action. Pour toutes les femmes et les filles. ». Elle souligne la nécessité d’un accès équitable à la justice, d’une protection réelle des droits fondamentaux et d’actions concrètes pour toutes, sans exception.

Les inégalités professionnelles entre les femmes et les hommes ne reculent pas assez en France, et pour ne prendre que les salaires annuels, ceux des femmes restent de 23, 5% à ceux des hommes.
Le collectif « Les Glorieuses », fondé en 2015, a calculé, sur les bases de données Eurostat, que les femmes, en 2025, « travaillaient gratuitement », à partir de 11h31, le lundi 10 novembre. Toutefois, la notion d’égalité professionnelle fait référence à la seule question de l’égalité entre les femmes et les hommes au travail. La notion de discriminations renvoie plus largement à l’ensemble des critères de traitement différencié des femmes que la loi interdit (sexe, origine, âge, situation de famille, handicap, orientation sexuelle, opinions politiques et activités syndicales ..).
L’accès à la formation, l’exposition à des situations de harcèlement ou de violence, l’état de santé au travail ou encore la fréquence des horaires atypiques différencient également les femmes et les hommes dans le milieu professionnel.

Les Outre-mer n’échappent pas aux discriminations de genre et les cumulent avec celles liées aux origines.

Dans les Antilles françaises et à La Réunion, la monoparentalité est trois fois plus importante que dans l’Hexagone.
En Guadeloupe, par exemple, près de 60 % des enfants vivent avec un seul de leurs parents, et c’est en général leur mère, qui s’occupe d’eux.

Des Antilles à la Guyane, de l’océan Indien à l’océan Pacifique, les femmes sont victimes d’inégalités et subissent les discriminations.

Ainsi, à La Réunion, les métiers de l’éducation, de la santé ou de l’accompagnement social, sont majoritairement féminins.
Les revendications des femmes concernent la revalorisation des métiers féminisés, l’égalité salariale, la fin du temps partiel imposé, la transformation des contrats précaires en emplois stables, la réduction du temps de travail. La précarité frappe particulièrement les femmes. Le taux d’emploi féminin reste bien inférieur à celui de l’Hexagone. Les salaires sont plus faibles alors que les femmes sont majoritairement cheffes de famille de familles monoparentales. « Quatre-vingts pour cent des femmes consacrent au moins une heure par jour à la cuisine et au ménage, contre un peu plus d’un tiers des hommes« . Ce temps invisible pèse sur les carrières, sur les salaires et sur l’autonomie. A La Réunion, chaque jour, quinze femmes déposent plainte pour violences conjugales. Les forces de l’ordre interviennent en moyenne dix-sept fois par jour pour des violences intrafamiliales. »
Il faut davantage de moyens pour la prévention, l’accompagnement des victimes et la sanction des agresseurs. Les femmes dénoncent aussi l’impunité persistante, les plaintes classées, les viols rarement condamnés.
« Tant que l’égalité ne sera pas réelle, le 8 mars restera une journée de lutte. »

En Guadeloupe, les femmes affichent un niveau de diplôme supérieur à celui des hommes. Plus de quatre femmes sur dix âgées de 25 à 54 ans sont diplômées de l’enseignement supérieur, contre trois hommes sur dix. Pourtant, ce capital scolaire ne se traduit pas toujours par une égalité réelle sur le marché du travail.
En 2022, à peine une femme sur dix occupe un emploi de cadre en Guadeloupe, une proportion similaire à celle des hommes. À temps de travail égal, les femmes cadres perçoivent un salaire inférieur à celui de leurs homologues masculins.
Les femmes recourent davantage au temps partiel et sont nettement plus souvent à la tête d’une famille monoparentale. Des responsabilités familiales qui freinent l’évolution professionnelle et pèsent sur les trajectoires de carrière.

En Martinique, les deux associations féministes reconnues (l’UFM et Culture Égalité), sont régulièrement sur le terrain afin de sensibiliser sur la cause des femmes, en particulier vis-à-vis du sexisme. Cette problématique serait plus prégnante en Outre-mer.
« Nous sommes debout et nous voulons décider de nos vies », est le slogan de l’Union des Femmes de Martinique.
« Le sexisme traverse toutes les sphères sociales et façonne les relations entre les individus. Il opère à tous les niveaux, du quotidien le plus ordinaire aux institutions, participant à la perpétuation d’un système d’oppression profondément enraciné et souvent invisibilisé par sa banalisation.» Le CIFORDOM qui milite pour l’égalité réelle et contre toutes les discriminations depuis plus de quarante ans, soutient les revendications des femmes.

Le combat des femmes pour leur droit a, en outre-mer, ses grandes figures :
Gerty Archimède, Paulette Nardal, Maryse Condé, Déwé Gorodé, Zéna M’déré, Eugénie Eboué-Tell, Jacqueline Manicom et Marie-Antoinette Simet- Lutin notamment.

Le CIFORDOM, association de Jeunesse et d’Éducation Populaire créée en 1982, engagée en faveur de l’enseignement de l’Histoire de l’esclavage et de la transmission, défend les droits fondamentaux par la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations. Ses actions : le réseau LAM (Lire à la Maison) – la Mission Histoire, Mémoire, Citoyenneté (H.M.C.) – le Prix Littéraire FETKANN ! Maryse Condé – le Concept Dédiscriminer, vont dans ce sens.

Pour le CIFORDOM,
José Pentoscrope
Président du CIFORDOM
Initiateur du Prix Littéraire FETKANN ! Maryse Condé