Mesdames, Messieurs, Citoyennes, Citoyens,
Comme vous le savez, à l'occasion des 25 ans de la loi Taubira, le CIFORDOM lance un débat citoyen en faveur des réparations. Le CIFORDOM, qui en son temps apporta son soutien au projet de loi déposé, a pris l'initiative de créer au lendemain du vote de la loi en 2001, le Prix littéraire FETKANN! Maryse Condé. Ce prix vise à faire vivre la loi, susciter des écrits favorisant le travail et le devoir de mémoire, ainsi qu'une approche d'une Citoyenneté respectueuse de toutes les identités Culturelles vivant dans la cité.
Il s'agit de rassembler des écrits, de donner la parole aux citoyens d'ici et d'ailleurs en France, en outre-mer mais aussi dans ce qui fut l'Empire Français du général De Gaulle sur un sujet qui divise : LES REPARATIONS. Le moment nous semble venu d'ouvrir le débat et de préparer la réconciliation.
Qu'est-ce qu'une réparation pour vous ?
Définissez le mot réparation, c'est quoi une réparation, c'est quoi pour vous réparer ? Comment réparer ?
Le verbe « réparer » signifie selon le Dictionnaire historique de la langue française, dès l'origine, le fait de remettre en état ce qui est détérioré. Il renvoie aussi à faire cesser un état préjudiciable en y apportant un remède, ou encore à l'idée de compensation morale ou économique dans un cadre religieux ou juridique.
Le modèle des réparations existe et a été utilisé dans le contexte européen. Le mot au pluriel s'est spécialisé à la fin de la Première Guerre mondiale pour désigner les prestations dues par les États vaincus aux États vainqueurs (1919). C'est également ce que les différents pays d'Europe ont exigé de l'Allemagne en 1945 : une restitution des œuvres volées et un dédommagement des préjudices subis humains, économiques et politiques.
Il s'agit d'un processus similaire, car les indépendances comme la départementalisation — à coups de circuits, de pactes commerciaux imposés, parfois de blocus et d'exigence de vassalité néocoloniale — ont maintenu les anciennes colonies comme les départements d'outre-mer dans une dépendance qui a accentué l'appauvrissement des peuples et des citoyens. Les initiatives de restitutions d'œuvres d'art, qu'on peut saluer, ne peuvent se substituer à de véritables réparations morales et économiques.
« Le bien-être et le progrès de l'Europe ont été bâtis avec la sueur et les cadavres des nègres, des arabes, des Indiens et des jaunes. »
— Frantz Fanon, Les Damnés de la terre, p. 94
Demander des réparations s'inscrit dans cette exigence de reconnaître que l'opulence occidentale a été nourrie durant des siècles par l'exploitation des autres peuples.
S'agit-il de donner de l'argent aux descendants d'esclaves ? On entend souvent : donner de l'argent aux chefs d'États Africains, les enrichir ? Par pitié... Non ! Non ! Soyez imaginatifs, nous existons, nous avons des idées, exprimez-les, exprimons-nous, ne laissons pas les autres parler à notre place.
Modalités de participation
- Format : 12 000 caractères maximum.
- Date limite : 30 juin 2026 (dernier délai, mail ou voie postale, cachet de la poste faisant foi).
- Engagement : Votre participation vaut accord aux décisions qui seront prises par le CIFORDOM pour donner l'audience et la visibilité que mérite cette initiative.
Le CIFORDOM est convaincu que le chemin de la réconciliation passe par le chemin des réparations. Nous vous remercions par avance pour vos contributions nombreuses, persuadés que vous aurez à cœur d'enrichir le débat.
Président du CIFORDOM
Initiateur du Prix littéraire FETKANN! Maryse Condé
























